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au développement : aide au mourant ?
« La dette tue le développement »
Déclaration de Berne
Chaque citoyenne et citoyen suisses ont connu l’expérience
de l’endettement. L’endettement permet à ceux qui n’ont
pas de réaliser tout de suite des projets grâce aux moyens
de ceux qui ont déjà réalisé le leur et remboursé
leur dette. Dans ce contexte, l’endettement (et le remboursement),
réalisé dans la monnaie locale, est un moteur du développement.
Mais lorsqu’un pays pauvre s’endette auprès d’un
pays riche pour les mêmes raisons (réalisation de projets),
le moteur se grippe et le développement s’arrête. Une
des différences : l’endettement n’est pas réalisé
en monnaie locale mais en dollars qui a tendance à s’apprécier
fortement par rapport aux monnaies locales. A cela s’ajoute la détérioration
des termes de l’échange. « Les prix des produits de
base exportés par les pays de la Périphérie [pays
en développement] vers le marché mondial (pétrole
mis à part) ont chuté de 30% entre 1997 et 2000 »
écrit Eric Toussaint dans un livre remarquable sur l’endettement
. Depuis 1997, les pays en développement paient davantage aux pays
riches qu’ils ne reçoivent de soutien de leur part (en 2003,
solde négatif de 200 milliards de $ pour les pays en développement).
Pour la Déclaration de Berne, cela « s’explique pour
l’essentiel par le rapatriement des revenus des investissements
étrangers et par les intérêts payés sur la
dette étrangère ». L’aide publique au développement
(69 milliards de $ en 2003) reste largement insuffisante, puisque dans
la même année (2003) les pays en développement ont
payé des intérêts de 95 milliards de $ et remboursé
277 milliards de $. Malgré des remboursements atteignant ou dépassant
les 200 milliards de $ chaque année, leur dette a continué
d’augmenter, passant de 2'123 milliards de $ à 2'433 milliards
de $ entre 1997 et 2003. Comme quoi la dette tue le développement,
et l’aide au développement s’apparente plus à
une aide au mourant.
Pour lutter contre la pauvreté, un des objectifs prioritaires
du Millénaire , l’aide au développement reste un acte
solidaire important, quoique non suffisant. L’engagement politique
pour un désendettement, pour une souveraineté alimentaire
et pour un développement durable, basé sur une économie
efficace qui intègre les coûts écologiques et sociaux,
reste essentiel. Que notre contribution permette aux pauvres, aux réfugiés,
aux exclus, non seulement de continuer d’espérer, mais surtout
de réaliser leurs projets.
Grégoire Raboud
Président de Valais Solidaire
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